Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

- Enseignante en Allemagne, vous cumulez végétarisme et nourriture bio depuis fort longtemps. Comment et pourquoi ce double choix ?
Déjà enfant, je préférais les légumes et les fruits à la viande, je considérais les animaux comme des êtres sensibles, je ne comprenais pas que l’on fasse une différence entre un animal domestique et les autres. Les mutilations dans le cadre de l’élevage, le gavage des oies, les animaux dans les cirques ou zoos m’ont toujours révoltée. Quand j’ai fait le choix, il y a 22 ans, de ne plus manger de viande, puis de poissons, il me paraissait évident de me nourrir encore plus sainement, de consommer des produits locaux et a fortiori bio. Manger bio, c’est consommer moins de pesticides, plus de vitamines, de minéraux. Manger bio, c’est écolo puisque les producteurs privilégient entre autres les circuits courts. Manger bio et végétarien s’est préserver la planète tout en investissant dans sa santé.

- C'est dur d'être végétarien ? On est perçu comme un zombie ?
Non parce que je n’attache plus d’importance à ce que les autres pensent de moi. Toutefois, il y a plus de vingt ans, quand on mangeait au resto, il fallait être imaginatif, si l’on ne voulait pas toujours manger que salades, pâtes ou pizzas, on commandait les accompagnements ou la garniture. Aujourd’hui, en Allemagne, c’est très facile d’être végétarienne. C’est devenu une mode ou plutôt un mode de vie pratiqué par beaucoup, par environ 10% de la population allemande.

- En plus du français, vous enseignez le yoga. Bio, végétarienne, yogini, c'est un véritable art de vivre ?
Au yoga, le premier impératif du code de conduite éthique est l’ahimsa, la non-violence envers soi-même mais aussi envers les autres qu’il s’agisse d’humains ou d’animaux. Si vous désirez sincèrement suivre la voie yogique, vous devenez automatiquement végétarien ou végalien. Vivre dans cette bienveillance, dans le respect de la vie, implique une nourriture saine pour l’esprit et le corps. Oui, c’est un art de vivre, une pratique de l’éveil, une prise de conscience de la nécessité d’agir pour un monde meilleur.

- Vos étudiants sont-ils sensibles aux questions écologiques ?
Certains le sont, d’autres moins. En cours, je traite régulièrement des sujets écologiques, les discussions sont souvent animées. J’invite aussi des intervenants, tels que la députée allemande, membre du parti Alliance 90/Les Verts, Franziska Brantner, pour qu’ils aient la possibilité de discuter avec une experte. Le parti vert a le vent en poupe en Allemagne. Certains étudiants avouent avoir pris conscience de l’urgence d’agir grâce à ces échanges fructueux. J’ai même une étudiante qui est devenue végétarienne alors qu’elle est issue d’une famille de bouchers.

- Des associations militent pour la fin de l'aviation, considérée comme extrêmement polluante. Et vous ?
C’est scandaleux que ce secteur soit pratiquement exonoré de taxes, bénéficie d’aides publiques alors que le trafic aérien représente environ 3% des émissions mondiales de C02. Il faudrait bien entendu que les billets d’avion soient plus chers que ceux des trains pour un même trajet mais aussi pour les voyages lointains. Le hic est que cette mesure serait alors perçue comme punitive et excluante de la part des jeunes (nous en avions notamment parlé en cours) et des moins riches. Je suis respectueuse du vivant, j’essaie de vivre les valeurs écologiques, je me mobilise pour le climat, une conséquence logique de cet art de vivre dont nous parlions serait en effet de renoncer à l’avion pour préserver la planète et redécouvrir les bienfaits de la lenteur. Au quotidien, je me déplace à pieds, à vélo, je prends souvent le train quand je voyage, néanmoins pour ma formation annuelle de yoga & ayurveda au Sri Lanka, je continue de prendre l’avion. Je conserve toutefois ce moyen de transport que de façon ponctuelle.

Tag(s) : #Interviews, #Bio, #Avition Aviation, #Végétarisme Végétarien
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :