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Le confinement impacte tout le monde : qu'est-ce que ça change pour toi en tant que maraîcher bio ?
De l'inquiétude au début sur la possibilité de continuer à livrer mes amaps, mais cela a été vite résolu et nous avons opté pour une double livraison de paniers toutes les 2 semaines environ : version drive afin de limiter les contacts. Du coup, le changement pour moi se fait au niveau du temps de préparation des livraisons qui est fortement augmenté ! Le reste du temps, je suis au champ comme d'habitude !

Tu écoules ta production principalement à deux Amap (Ham et Compiègne), comment l'épidémie a impacté ce type de distribution ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?
Cette crise montre que le système amap fonctionne même dans des situations difficiles et remplit sont rôle de maintient de l'agriculture paysanne, car nous continuons à produire et à vendre normalement. Cela n'impacte donc pas le revenu des paysans. De plus, les amapiens continuent à être livrés en produits frais bio et local. On est bien dans de l'économie solidaire, le commerce équitable.

Penses tu que cette période de crise que nous vivons va impacter la production maraîchère et plus globalement la production agricole ?
Cette crise va impacter fortement les paysans qui fournissent les restaurants, les cantines scolaires, tous les lieux fermés en ce moment. Cela va poser problème aussi pour des fermes qui basent leur production sur des cultures saisonnière comme l'asperge, la fraise par exemple et il en est de même pour les producteurs qui ont des légumes commercialisables, mais qui ne savent pas où les écouler. Le gouvernement a beau inciter les grandes surfaces à se fournir localement, cela ne va pas changer grand chose vu les politiques tarifaires de ces enseignes qui n'ont pas pour but de soutenir les paysans locaux, mais bien de faire des profits. Et en ce moment, ils se remplissent les poches!

Pour faire face aux crises qui se multiplient, quelles adaptations individuelles et collectives préconisés tu dans le domaine agricole ?
Je pense que l'agriculture doit se relocaliser, créer des partenariats avec des municipalités, des collectivités, pourquoi pas en régie municipale ou dans un service publique de l'agriculture, au même titre que la santé ou l'éducation. La concurrence économique ne fait pas progresser nos pratiques, le travail vers un but commun de nourrir convenablement la population est quand même plus motivant et facilite l'entraide ! En plus des questions d'alimentation, les paysans participent à l'aménagement du territoire, à son image, à son attrait. La course à la productivité plutôt qu'à la qualité, au profit plutôt qu'au bien commun tue l'agriculture. En plus, ce n'est en général pas le paysan qui en retire les plus gros profits mais les marchands d'engrais, de semences, de tracteurs...

Propos de Mickael Evrard recueillis par Guillaume Doizy

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